Compagnon de Voyage

In French, because why not?

Photo by Jed Owen on Unsplash

Un grand sac bandoulière en cuir tanné, un peu rétro. Mon compagnon de voyage depuis maintenant quelques mois. Un cadeau choisi à défaut d’être subi, pour faire durer le plaisir au-delà du papier cadeau. Surprise choisie, paradoxe dont je m’accommode fort bien.

Bien moins pratique qu’un bagage cabine classique, il n’en a que plus de charme. Cet anachronisme dans le monde sans fioritures de la fintech donne à son propriétaire bien plus d’allure qu’il n’en mérite. Je me trouve ainsi beaucoup plus écrivain qu’ingénieur à trente-mille pieds d’altitude, par la grâce de ce compagnon un peu loufoque, alors que je couche ces quelques lignes dans mon carnet. Ou alors ingénieur quand même, mais de ceux qui chroniquèrent les rêves scientistes du XIXe siècle à la Jules Verne, les Nemo dans leur Nautilus, les Impey Barbicane dans leur obus d’aluminium. Les Gustave Eiffel dans leur antre, du haut d’une tour éponyme. Ingénieurs d’une époque où tant restait à inventer, où l’ingénierie et l’art se confondaient encore des fois, comme en témoignent encore les ouvrages de cette époque, qui ne se préoccupaient pas tant d’être fonctionnels que d’avoir du charme, de l’allure. D’être beaux. Une époque de sacoches en cuir tanné.

J’aime pourtant penser qu’un ingénieur qui officie dans le domaine quelque peu aride des technologies pour institutions financières d’aujourd’hui reste poète, griot, conteur, s’il arrive à mettre ses tribulations et ses rencontres en contes. Ne lui reste alors qu’à espérer susciter l’intérêt de quelque lecteur, à défaut de le tenir en haleine. Il suffit parfois d’une autre paire d’yeux qui rêve en lisant la prose d’un prétendant pour en faire un poète à son insu. Rien n’est moins sûr pourtant en ce qui concerne ma prose. J’implore donc la bienveillance de mes semblables qui liront ces lignes. Jugez les si vous le devez, mais de grâce, épargnez mon compagnon. Il n’est qu’inspiration. Les fadaises ne sont que de mon fait.

Sur ce, “PNC, préparez-vous pour l’atterrissage”.

Enfin. Ce n’est pas trop tôt.

Let the board sound

Rabih

Merci

J’écoute. La mélodie me porte à travers les années. Tant d’années sont passées depuis. Depuis quand? Depuis. Il y’en a plein, des depuis. Depuis le début d’un monde nouveau? Depuis la fin de l’ancien? De quel ancien? Depuis un retour hypothétique qui s’éloigne à mesure que les lendemains s’enchaînent? Depuis un départ qui n’en sera plus un à mesure que les années seront passées? Depuis la fin de l’innocence des choses? Le début de la réalité? Ou le début de sa fin?

Je pense à tous ces depuis en lisant vos mots. Certains me ramènent de quelques mois en arrière. Des depuis que l’oubli n’a pas encore fanés. Certains me ramènent vers des chapitres un peu plus lointains dans la brume des depuis, souvenirs d’une vie passée, d’une époque que vos mots me font revivre avec la douce amertume de la nostalgie. Les amis, le temps passe tellement vite, et cela me fait parfois l’impression que nos vies s’entrecroisent le temps d’une étincelle pour ensuite continuer leurs courses solitaires vers on ne sait quel astre, quelle étoile dont l’illusion nous berce.

Vos mots font chaud au cœur. Vos mots témoignent qu’à la croisée des chemins, nous aurions été plus que des étincelles les uns pour les autres. Nos rencontres auront compté, elles nous auront façonnés en une version plus en couleur que celle d’avant.

Merci d’avoir pris la peine d’écrire, merci de vous être souvenus. Merci de vous être arrêtés deux minutes quand vous aviez croisé ce garçon un peu gauche au détour d’une classe de maternelle, ou ce jeune homme qui essayait de trouver sa place dans ce monde. Merci d’avoir salué, même de loin, ce monsieur qui n’a pas vu le temps passer, et de ne pas lui avoir rappelé que le temps est irréversible.

Merci pour ce bout de chemin que nous avons parcouru ensemble.

A Zahra, Ranim, Peter, Ilda, Mireille, Rony, Nicolas, Richie, Fadi, André, Danielle, Jacques, Edith, Walid, Eliane, Boudy, Wissam, Joëlle, Marcelle, Marielle, Aline, Gerard, Tony, Fouad, Liliane, Edmond, Georges, Joseph, Georges, Katia, Charbel, Mazen, merci pour ce bout de chemin que nous avons parcouru ensemble. Merci d’avoir pensé à moi aujourd’hui.

Quant à vous deux que je ne nomme pas, je ne vous oublie pas, loin de là. Vous vous reconnaitrez dans les lignes qui suivent.

De l’une, je pense à tous ces kilomètres et toutes ces années qui n’auront pas réussi à nous faire oublier les souvenirs d’enfance communs et à cet adieu de la fin des années 80, qui redevient un au revoir de temps en temps.

De l’autre, je pense à ce prénom tellement prémonitoire, puisqu’il est également l’un des prénoms de ce pays de liberté, d’égalité et de fraternité d’où j’écris ces mots une trentaine d’années plus tard. Et si j’écris, c’est en partie parce que tu m’en auras donné le goût, peut-être en cette matinée du milieu des années 90 où tu nous initiais à la poésie. Il y était question d’un ange me semble-t ’il.

Deux depuis qui auront valu la peine d’être vécus.

Chers amis, la musique me berce toujours. Je vous dis donc adieu et vous laisse avec un piano un peu fatigué, la voix un peu éraillée de Thom Yorke & Flea, et la nostalgie pure qui coule entre ces notes. Et je me presse de publier ce texte avant la fin de ce jour.

Plus que quatre minutes avant minuit …

Rabih

You Think Therefore the Universe Is

Or why life might underpin the existence of a universe

Photo by Greg Rakozy on Unsplash

Dear reader. Dear life. Imagine if the universe was the result of a random event. Imagine if it was empty of life. No consciousness creating it, no consciousness to experience it through senses or thoughts. No God, no humans, to be a bit less cryptic. No one witnessing its creation. No one experiencing it.

Existence would not be an attribute of such a universe. No one would be there to tell. No one would be there to decide and no one to prove them wrong. Or right.

On the other hand, consciousness without a universe is very possible. It could always imagine one. It could dream one. You could dream one.

Consciousness closed its eyes and imagined.

Light. Something bright. Fast travelling. Visible. That will come in handy later.

Energy. And for energy to work, it imagined movement, speed, kinetics, heat. Matter. These did not have meaning until then. They came to be in its mind.

A point of infinite energy, of infinite density. Infinite heat. And a sudden expansion creating matter, made from tiny bits and pieces, themselves made of even tinier bits and pieces.

And then it became even more interesting. From the chaos of the infinitely dense, it imagined order. Order led to life. And with life came senses, consciousness, imagination.

And Life imagined.

It may well be that existence can only be through the mind of consciousness. Descartes if you will, but a little wider than your mere person: Je pense donc l’univers existe.

I think, therefore I am. I am, therefore, the universe exists.

So yes, that life of mine, of yours, miserable and finite comedy as it may be, might still underpin the existence of a universe.

Food for thought.

Let the board sound

Rabih